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conférences sur l’art contemporain
année 2010 / 2011
L'École des beaux-arts organise des conférences
ayant pour but de favoriser la compréhension de l'art
contemporain et les liens avec notre quotidien. Ce cycle de
conférences
intitulé cette année « «Art
/ Architecture » »,
est proposé et animé
par Rozenn Canevet.
ll a comme thématique générale les rapports
qu'entretiennent l'art et l'architecture.
Le cycle a été monté en partenariat avec
les musées de Poitiers et la maison de l'architecture.
Les conférences ont lieu à 19h15 à l'auditorium
du musée
Sainte-Croix,
61, rue Saint-Simplicien à Poitiers. Sauf celles du
21 avril et du 12 mai qui auront lieu à la maison
de l'architecture, 1 rue de la tranchée.
Entrée libre et gratuite.
CYCLE DE CONFERENCES ART/ARCHITECTURE : assurées par Rozenn Canevet.
Vous pouvez aussi télécharger le programme des
conférences de l'année au format PDF en cliquant ici.
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jeudi 18 novembre
2010 |
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Les mouvements d'avant-garde : de l'objet à l'environnement
Dans son ouvrage désormais canonique "
Passages, une histoire de la sculpture de Rodin à Smithson
(1997"), Rosalind Krauss nous dit que « toute
organisation spatiale contient une assertion implicite quant à la nature
de l’expérience temporelle ». Si dans la logique moderniste,
le temps a longtemps été subordonné à l’espace,
les avant-gardes du 20ème siècle vont contribuer à inverser
cette hiérarchisation. Assemblages, détournements, compressions,
répétitions, fétichisation, combinaison, déconstruction,
sérialité, narrativité… Certes, l’énumération
des procédés qui participent à façonner l’évolution
de la sculpture ne peut ambitionner l’exhaustivité. Néanmoins,
tous témoignent de cette dynamique processuelle sur la forme, les matériaux,
les couleurs. Cette dynamique mènera la sculpture à un champ élargi
d’expérimentations, dont la logique extensive décloisonnera
les limites modernistes et opérera un changement d’échelle
bien particulier : celui de la sculpture comme objet à l’environnement
comme objet.
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jeudi 9 décembre
2010 |
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Art et architecture
: un conflit fertile
L’art et l’architecture ont toujours entretenu
des relations de vis-à-vis, fondées à la
fois sur le dialogue mais aussi sur le conflit, l’opposition,
voire la destruction. En 1910, Adolf Loos distinguait l’œuvre
d’art de l’architecture sur un critère
de fonctionnalité : « L'œuvre d'art arrache
les hommes à leur commodité. La maison ne sert
qu'à la commodité. L'œuvre d'art est
par essence révolutionnaire, la maison est conservatrice.
[…] Mais alors la maison ne serait pas une œuvre
d'art ? L'architecture ne serait pas un art ? Oui c'est ainsi. » La
fin des années soixante va voir surgir une série
de productions artistiques qui s’attaqueront aux dogmes établis
par l’architecture sur un mode tant idéologique
que physique : des artistes tels que Gordon Matta-Clark ou
Robert Smithson mettront en pièces, au sens propre
comme au sens figuré, des architectures, d’autres
iront jusqu’à les brûler, les faire exploser
pour opposer à leur pérennité établie
une certaine fragilité. Ces actes fondateurs résonnent
encore dans la création contemporaine qui convoque
la précarité et l’éphémère
comme formes créatrices, témoignant d’un
conflit éminemment fertile.
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jeudi 13 janvier
2011
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Mouvements radicaux : au carrefour de
l'art, l'architecture et du design
Qu’est-ce qu’on nomme l’architecture radicale
? Le célèbre critique d’art italien Germano
Celant l’a définie en ces termes au début
des années soixante-dix : « c’est une
architecture qui n’a aucune intention de devenir tributaire
du client ou de devenir son outil : elle n’offre que
des attitudes idéologiques et comportementales. » Un
de ses protagonistes majeurs, Andrea Branzi, en parlait en
1972 comme « des expériences souvent de lecture
difficile, qui possèdent la caractéristique
commune de se situer au-delà de la ligne droite professionnelle,
et de relancer souvent en direction contraire une sorte de
refondation radicale de toute la discipline architecturale. » Si
ce mouvement s’est affirmé sur un rapport critique
des relations de l’individu et de son environnement
selon des modalités spécifiques, quels en sont
aujourd’hui les héritages et les filiations
? Peut-on parler aujourd’hui de postérités
de l’architecture radicale dans le contexte artistique
contemporain ?
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jeudi 24 février
2011
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Du point de
vue à l'ambiance :
En mettant à mal l’hégémonie du
régime scopique au profit d’une immersion sensorielle
dans la réception de l’œuvre d’art,
la seconde moitié du XXème siècle a
mis l’accent sur la relation physique et psychologique
de l’individu à son environnement.
En prenant comme fil rouge la notion d’ambiance, on
s’intéressera aux différentes questions
qu’elle implique des années cinquante à nos
jours. Les conditions d’expositions, l’art de
l’installation, les questions de dématérialisation
de l’œuvre d’art seront convoquées.
On tentera de comprendre pourquoi la déclinaison des
formes d’ambiance s’avère fondamentale
d’un point de vue artistique certes, mais aussi technologique
et idéologique. Par ailleurs, à l’heure
où l’artiste se dit architecte, le designer
artiste et l’architecte designer, on verra en quoi
cette notion est un véritable paradigme qui a favorisé l’essor
et la réciprocité de leurs pratiques.
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jeudi 17 mars
2011
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Expérimenter et parcourir l'espace urbain
: du privé au public et vice versa.
L’architecture a souvent été décrite comme un outil
de contrôle sur l’environnement, à l’échelle
du territoire comme à celle, domestique, de l’individu. Cette question
de l’habitabilité de l’espace privé et public, de la
transition du réseau social à l’isolement, a fait l’objet
de nombreuses productions critiques de la part d’artistes tels que Vito
Acconci ou Dan Graham, par exemple. Sous la forme de performances, de propositions
conceptuelles ou d’installations, ces artistes ont initié une réflexion
sur l’espace urbain et la porosité des limites établies.
Par ailleurs, nombre d’artistes ont initié un certain nombre de
performances dans l’espace public, convoquant l’urbanisme, sa rationalité et
ses aberrations, au cœur de leurs productions. Aujourd’hui, face
aux nouvelles technologies, qu’en est-il de ces frontières et de
ces limites ? Plus que de surfaces parcourables, ne peut-on parler d’interfaces
habitables et ce, sur le mode individuel comme collectif ?
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jeudi
21 avril 2011
Maison de l'architecture
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Art, architecture et paysage :
Le paysage est-il un artefact, un artifice, une forme de domestication de la
nature ? Selon le philosophe italien Rosario Assunto, le paysage est ce qu’il
faut étudier car ce concept non seulement coïncide avec ceux
de territoire et de milieu, mais de plus, possède intrinsèquement
toutes les caractéristiques qui, sur le plan conceptuel, définissent
ces deux derniers. A la fois lieu de mémoire et lieu en devenir, la
temporalité du paysage est à l’égal de son potentiel
de mutation. Sédentaire et enraciné, son ancrage au territoire
n’exclue jamais le nomadisme, l’errance. De cette condition paradoxale,
la création contemporaine semble y voir une ressource inépuisable.
Oscillant entre exotisme idyllique et engagement environnemental, hybridant
technologies de pointes et nature exubérante, l’investissement
du paysage par les artistes et les architectes contemporains reste l’objet
de toutes les conquêtes.
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jeudi 12 mai
2011
Maison de l'architecture |
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Sculpture et architecture :
En 1963, Michel Ragon nommait « architecture-sculpture » une série
de réalisations de divers « artistes-architectes revendiquant l’organicité des
formes comme forme d’exploration architecturale. Déjà présente
dans la Endless House de Frédérick Kiesler (1947-1961), cette hybridité des
genres marquait un véritable engouement pour l’expérimentation
et le décloisonnement des disciplines. Sans doute est-ce cette même
attirance pour l’affranchissement des codes établis qui mènera
Ettore Sottsass à quitter la sphère industrielle pour initier à travers
un parcours nomade une réflexion sur la construction et l’objet,
l’architecture et le design dans sa série Design Metaphores (1972-1977).
Aujourd’hui encore, la limite entre sculpture et architecture semble parfois
ténue, comme en témoignent nombre d’artistes contemporains
dont le travail, par-delà les caractéristiques formelles et conceptuelles,
revendiquent cette même esthétique dialogique. |
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